Son prince charmant


Allongée sur son lit elle rêvassait souvent,
À un homme élégant, délicat, séduisant,
Il arrivait si fort sur son grand cheval blanc,
Il souriait si sûr, si heureux de son rang,

Allongée sur son lit elle rêvassait souvent,
Et souhaitait un présent qui n’était pas le sien,
Et comme si elle était dans son monde enfantin,
Se voyait au milieu d’une forêt en chantant,

Elle portait alors une robe enchanteresse,
Et telle une petite fée, scintillait comme l’aurore,
Elle se voyait gambader, danser en altesse,
Elle s’entendait rire, et rêver sur son sort,

Dans cette belle nature émanait la bonté,
Des senteurs agréables et des couleurs de vie,
Dans cette belle nature émanait la gaieté,
Des odeurs raffinées, une teinte qui éblouie,

Des animaux joyeux sautillaient de toute part,
Et des papillons bleus tourbillonnaient ; si rares,
On sentait l’herbe fraîche, des légumes si juteux,
On goûtait aux saveurs d’un verger si fruité,

La jeune fille lumineuse se voyait courir,
Et comme par un somptueux hasard elle heurtait,
Un remarquable bel homme au regard de saphir,
Elle s’excusait soudain et son cœur s’agitait,

La foudre l'avait touchée d'une façon si grossière,
Elle savait au fond d’elle que c’était le destin,
Que son existence lassante allait prendre fin,
Et que demain ne serait jamais comme hier,

Elle aurait voulu voire la scène du baisemain,
Puis celle où elle montait gracieuse sur le cheval,
Elle aurait ressenti le baiser si fatal,
Qu’un prince aurait posé sur ses lèvres de lin,

Mais hélas une nuit est loin d’être éternelle,
Et la belle demoiselle en sursaut se réveille,
Soupirant elle regarde dehors et se rappelle,
De ses chimères, ces songes qui lui donnaient des ailes…



23 Juin 2015
© Léa Bokobza

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