Fable : désastre d’une querelle amoureuse


L’univers s’effondrait au fond de ses grands yeux,
Les chroniques d’un passé si vif qui s’évanouit,
Les portraits des siens s’envolant vers les cieux,
L’onde d’un autre sort qui s’installe sans un bruit

Il se retourne une dernière fois et attend,
Patiemment que derrière lui coule la larme fatale,
Les yeux humidifiés ; sa salive il avale,
Et lance un regard bref tout en se détournant,

C’était elle qui jadis faisait vibrer son être,
Elle qu’il observait et qu’il appréciait tant,
Il tentait un sourire mais son âme faisait naître,
Une sordide amertume et un soupir sanglant,

La joie et la passion resurgissaient en lui,
L’amour et l’ambition semblaient encore attendre,
Que peut-être la scène pouvait changer cette nuit,
En un jour si inouïe qui ne pourrait se fendre,

Mais hélas, aux chimères, la vie ne laisse guère,
Une place pour s’étendre et devenir réelles,
Il devait s’en aller, la laisser changer d’air,
Prendre son envol et déployer ses ailes,

Jadis fâcheusement il n’avait point montré,
Qu’il était un bon père et un fidèle ami,
Pensant mener sa vie comme bon lui semblait,
Il avait tout perdu, son histoire, sa famille,

Non ! Ce n’était pas situation véritable,
Il aurait aimé trouver l’âme charitable,
Qui assurément lui aurait murmuré,
« Réveille-toi à présent le soleil s’est levé… »

Il aurait étiré ses muscles endoloris,
Et lavé son visage de toute cette inquiétude,
Se serait préparé et aurait fait son lit,
Puis s’en serait allé en toute béatitude,

Mais cette femme était là, à quelques mètres à peine,
Respirant hâtivement ; laissant choir sa détresse
Elle serrait ses deux mains, signe de mauvaise aubaine,
Refroidie du spectacle et de tant de bassesse,

Nous mettons des années à construire une vie,
Et une seconde parfois peut suffire à défaire,
Une liasse de souvenirs, de rires et d’empathie,
Les jours et les années qui nous étaient si chers,

Prenez garde jeunesse folâtre et tirez comme leçon,
Que chaque instant qui passe et là tel un cadeau,
Que chaque personne connue doit être un joyau,
Et chaque acte commis muni de réflexion…

Ce qu’il aurait aimé dire un dernier je t’aime,
Embrasser ses enfants, les serrer enjoué,
Ses membres étaient crispés et son teint si blême,
Il savait à présent ce qu’hier signifiait…



6 Mai 2014
© Léa Bokobza

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