Bonjour printemps
Les saisons et les jours


Un certain jour ensoleillé, je sirotai un Bellini exquis.
Le même servi dans le Harry’s Bar de Venise,
Qui m’assomma quelques instants plus tard, d’une traîtresse ivresse.
Celle qui vous engloutit à jamais.
Et le soir, je dédaignai le champagne, dont je n’en avais guère envie.
Ou sont-ils l’hiver, mes Dandys, mes potes, ils sont introuvables ?
Éloigné de leur beauté et de leur raffinement, je meurs d’ennui.
Le printemps suivant tomba comme un fruit mûr, je l’attendais depuis longtemps.
Ses paysages resplendissaient de bougainvillées et de lilas, le visage de l’île de Sardaigne.
Leur merveilleuse flagrance comblait la faim inouïe de mes narines.
Lorsque cette saison apparaît, tout va et la vie est joie.
L’été est ardent, et tel le gecko, les sylphides se cramponnent au sable chaud.
Leur rousse chevelure réfléchissant les rayons d’or,
Et leur âme se lovant dans une somnolente rêverie.
Un Zéphyr perlé d’embrume les câline subrepticement.
L’Automne a un masque taciturne et morne, selon son habitude.
Les feuilles jaunissent, s’ocrent, craquellent sous d’inévitables fissures.
L’automne est un spectre déchu, par le monarque soleil.
Toujours pareil à lui-même, grincheux, blafard, gisant dans une absurde éternité.
Ainsi, la Nature est une géniale maîtresse tantôt bonasse, tantôt outrée.


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