Hommage à Tony Brinkley


Sinistre comme la taïga en hiver, dépouillée,
Les branches de ses bouleaux comme autant de bras décharnés
Lances vers le ciel, dans un désespoir de solitude,
Sinistre comme ces maisons sans âme, blocs de béton longs et étroits,
Où la routine d’une vie sans avenir vous vieillit sans espoir,
Sinistre comme ces fonctionnaires froids et serviles qui décident votre sort
D’un signe fatigue,
Voila, Tony, votre Staline, voila, Tony, votre Russie.


Russie du Goulag, Russie de la prison, Russie de la torture.


Mais il en est une autre, une autre que je vis, une autre que j’aime.
Le soleil dans les bouleaux, le soleil sur la rivière Tom gelée,
Le soleil dans les cœurs des Sibériens, les pieds dans l’eau du Baïkal,
La vodka dans des toasts chaleureux, le sourire éclatant et la gentillesse,
La gentillesse des habitués d’une nature sans pitié.

Russie des espaces, Russie des âmes, Russie des paradoxes



4 Décembre 2003
© Jean Fried

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Liste des commentaires (1)


Texte très prenant my dear Jean mais, en commentaire de ton texte, dis nous qui était ce Tom Brinkley que nous pauvres sépharades nés, loin des toundras et des steppes, ne connaissons pas.
Charly Lellouche , le 7 Décembre 2003