Mallarmé mon ami


La chair est triste, hélas ! Et j’ai lu tous les livres.
Vraiment Mallarmé vous plaisantez, comment avoir lu tous les livres !

Fuir ! là- bas fuir ! je sens que des oiseaux sont ivres
Vraiment Mallarmé vous êtes le professeur de l’ivresse.
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Vous aussi avez des jardins et des yeux !
Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
Votre cœur ne peut se tremper dans la mer
Votre cœur se glisse dans la mer
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Mallarmé allumez vos nuits
Sur le vide papier que la blancheur défend
La blancheur défend Mallarmé en faiblesse
Et ni la jeune femme allaitant son enfant
Curieux après la page blanche
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
Lève l’ancre pour une exotique nature !

La chair est triste, le steamer n’a pas de corps

Un ennui, désolé par les cruels espoirs,
Banal, banal Mallarmé, relisez Racine
« Combien ce mot cruel est affreux quand on aime »

Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
No comment !

Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Banalité mon cher Mallarmé
Les vents fous de naufrages

Perdus sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
Perdus Perdus perdus

Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !
Mallarmé des mots des mots mais où sont les émotions ?



13 Novembre 2007
© Jean-Charles Sebaoun

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