Les Zebulons : L'enfant de Massada


Les Zébulons et le berceau de Massada.

Idée originale : Gilles AMSALEM
Texte : Gilles AMSALEM – Avril 2009.
Essai en deux chapitres.

Dédicace : Nous avons tous dans le cœur ce sentiment, cette envie farouche, ce désir si fort de vivre l’événement, l’histoire qui pourrait bouleverser notre vie. Ce rêve pour toujours inaccessible et secret. Au travers de cet essai, je vous invite à vous laisser guider et, pourquoi pas, enfin vivre l’inimaginable, afin que vous puissiez transmettre ce message d’amour et d’amitié à ceux qui auront la force d’y croire.
G.A
Chapitre I
Jérusalem d’Or. Très tôt les rues s’éveillent. Les badauds et les commerçants s’agitent. Les enfants regagnent Gans et écoles. D’autres, touristes, profitent des premières lueurs du jour pour peaufiner leur excursion journalière. Ici, on se rue vers l’esplanade sainte, là on arpente les allées du souk aux odeurs pimentées.
Parmi les vacanciers nombreux en cette période chaude et ensoleillée, notre fine équipe de jeunes globe-trotters, se prépare lentement mais sûrement à débuter d’arrache-pied leur journée. Que choisir ? Les petits optent pour une virée à la mer. Les plus grands hésitent mais semblent préférer l’option culturelle. Dans ce cas, les parents proposent de se diviser afin de répondre aux attentes et aux désirs de chacun.
Eden, Sarah et Reouven, encadrent leurs cousines Eva et Levana. Le départ à la plage s’annonce sous de joyeux auspices. Un peu plus loin, nos aventuriers du jour, Routy, Liora et Ilan s’arment de couvre-chefs et de gourdes pour partir à la conquête de Massada…
Massada ! Lieu rempli d’histoire ! Que de larmes, de bravoure ou d’humiliation, hantent ce site !
Arrivés sur place, nos amis descendent de voiture, puis, figés, contemplent le sommet de la colline, les yeux écarquillés, prêts à bondir au moindre assaut ennemi. Puis d’un seul élan, ils se dirigent vers les flancs et le mont. Ils gravissent les marches sous la chaleur torride, puis quelques minutes plus tard, essoufflés mais heureux, ils achèvent enfin leur laborieuse escalade.
Pendant quelques secondes, l’air satisfait, ils scrutent l’horizon à la recherche du moindre indice ou témoignage de ce lourd passé.
Routy, prenant la première la parole, rappelle succinctement les faits historiques :
Coulant des jours heureux, les habitants de Massada, les Zélotes, furent contraints au péril de leur vie de combattre du haut de la falaise l’ennemi romain et l’empereur Jules César.
Faisant face aux catapultes romaines, refusant de tomber sous le joug des tyrans, ils finirent par abdiquer non sans avoir vendu chèrement leur peau.
Devant cette accablante vérité, Ilan sauta sur l’occasion d’apporter de l’eau au moulin de Routy. Il rappela que le siège de Massada fut long et harassant, et que l’histoire retiendra le courage des combattants juifs face à la machine de guerre romaine.
Liora, se séparant de ses acolytes partit visiter le site. Elle découvrit nombre de trésors, témoins des conditions de vie pour le moins pénibles des zélotes. Ici, des vestiges d’habitations, là des lieux de prières. Puis, le mikvé, les bains publics. Elle se baissa pour observer des restes d’ustensiles de cuisine, des coupelles, quelques couverts. Mais stupéfaite, elle invita les autres à la rejoindre face à un berceau minuscule en bois devant appartenir à un bébé.
La chaleur aidant, nos trois jeunes loups manquèrent de vaciller devant cette nacelle vieille de plusieurs milliers d’années. Avec émotion, ils tentèrent d’imaginer la vie courte mais si riche de ce bambin. Lui donner un prénom aurait été facile. Ils préférèrent le nommer : « l’enfant de Massada ».
Déjà le soleil se couchait à l’horizon. Il était temps pour notre petit groupe de rentrer à Jérusalem afin de partager ses aventures avec frères et sœurs.
Ce début de soirée s’annonçait agité. Les uns voulant relater leurs exploits sportifs et, notamment en matière de natation, les autres brûlant à l’idée de faire découvrir leur voyage dans le passé. On dîna très légèrement. Un repas composé d’entrées variées et fraîches, suivi d’une escalope panée ou « schnitzel » accompagnée de purée leur fut servi. Fruits et glaces complétèrent ce festin.
Le moment de la digestion venu, nos joyeux drilles se retrouvèrent sur la terrasse profitant de prendre l’air frais de la capitale.
Reouven tenta de relater sa journée à la mer, mais fut interrompu par la langue bien pendue de Sarah. Elle se vanta d’avoir fait des progrès et de nager plusieurs nages. Ce à quoi Reouven rétorqua qu’elle n’était pas la seule à avoir réaliser ces exploits.
Quant à nos deux benjamines, Eva et Levana, elles racontèrent leur apprentissage et jurèrent à ceux qui voulaient bien les croire, qu’elles avaient gardé tout le temps leur bouée !
Puis vint le tour de nos aventuriers. Routy conta brièvement avec des mots d’enfants l’histoire extraordinaire du combat livré par les zélotes contre les romains. Mais Liora n’y tenant plus voulut faire partager son émotion quant à la découverte de ce lit d’enfant dans les vestiges de Massada. Tous l’écoutèrent religieusement dans le calme. Déjà, les plus jeunes, épuisés par une journée bien remplie, souhaitèrent bonne nuit puis se dirigèrent vers leurs chambres à coucher.
Ilan alla dormir à son tour.
Nos deux aînées restèrent encore un peu sur la terrasse profitant de l’air de la cité. Elles se jurèrent de relater leur périple à leurs amis à la rentrée en France.
Cette nuit fut particulièrement agitée pour nos visiteurs de Massada. Leurs rêves leurs permirent de s’imaginer vivre à l’époque de ces juifs combattant les hordes romaines.
Le lendemain matin, les uns, les yeux gonflés de sommeil, les autres un peu plus en forme, se retrouvèrent dans la cuisine afin de prendre le petit-déjeuner. Au menu, toasts grillés, confiture, jus d’orange et boissons chaudes. Pour les plus jeunes, il s’agissait de vivre une journée aussi palpitante que l’avait été celle de la veille pour les plus grands.
Eden pensa que l’on devrait programmer une sortie où tout le monde trouverait son compte. Reouven se rallia à cette idée. Ils voulaient aussi connaître quelque chose d’aussi fort.
Dehors, Le muezzin appelait d’une voix criarde à la prière.
C’est alors que la décision fut prise à l’unanimité de passer une partie de la journée dans la vieille ville et par conséquent au mur de Jérusalem.
On se dépêcha de se préparer. L’excitation était à son comble.
Les parents veillèrent à ne rien oublier d’important : boissons, goûters, chapeaux et crème solaire.
Certains optèrent pour un trajet en bus, d’autres préférant la voiture.
Tous arrivèrent à se retrouver près de l’entrée de l’esplanade sainte. On passa les postes de sécurité où une fouille minutieuse fut effectuée. Puis on se dirigea vers le lieu de prières. Une chaleur torride propre à cet endroit surprit nos amis. Routy, habituée des lieux se dirigea d’un pas sûr vers le coin réservé aux dames. Liora, Eden et Sarah ne tardèrent pas à la rejoindre.
De leur côté, les hommes se frayèrent un chemin jusque dans la grotte attenante au kotel, à l’intérieur de laquelle certains finissaient l’office du matin. D’autres formaient des petits groupes d’étude. Ilan s’approcha des nombreuses bibliothèques abritant certainement une quantité non négligeable de trésors spirituels. Reouven quant à lui s’attachait à contempler la belle collection d’armoires saintes (Hekhal en hébreu), contenant les rouleaux de la Thora (Sefers). A l’extérieur, on fêtait une bar-mitsva. Nos garçons sortirent de cet antre pour participer aux chants et danses en l’honneur du jeune de 13 ans ayant atteint sa majorité religieuse. Ils ne tardèrent pas à se laisser entraîner par ce folklore qui leur est cher. Il était alors tentant pour nos deux petits hommes, de se projeter dans l’avenir et s’imaginer pouvoir fêter leur bar-mitsva ici même à leur tour.
Pendant ce temps, les filles essayaient de se frayer un chemin pour atteindre le mur si convoité. Soudain Liora se mêla à un groupe de touristes français. S’approchant du guide, elle comprit qu’il racontait l’histoire de la cité sainte plusieurs fois millénaire.
Rien ne manquait, depuis la description des temples successifs, jusqu’à la guerre des Six Jours en passant par la conquête des croisés.
Liora n’hésita pas à interpeller l’intervenant. A la fin de son exposé, elle le questionna sur l’épopée de Massada et notamment sur les conditions de vie des Zélotes, avant et durant le siège. Intrigué, notre guide tenta de lui apporter un maximum d’informations. Elle lui avoua bien volontiers sa découverte fantastique…
Harassés mais heureux de leur journée, filles et garçons décidèrent de se diriger vers les premiers commerces afin de se restaurer quelque peu. Pendant que certains dégustaient une délicieuse pizza, d’autres préféraient profiter de spécialités du pays. Fellafels, Shawarma, accompagnés de frites, trouvèrent promptement preneurs. On en profita également pour acheter quelques souvenirs et cartes postales.
De retour au bercail, on se prépara pour le dîner et le coucher. Au programme du lendemain vendredi, plage, farniente et préparatifs shabbatiques..

Chapitre 2
Le petit-déjeuner consommé, petits et grands partirent pour Tel Aviv, où l’on se dépêcha de prendre un bain de mer salutaire après l’exposition au soleil de la veille. A tour de rôle, on consomma les paniers repas préparés avec amour par les dames. Enfin, le soleil au zénith, on repartit pour Jérusalem.
Shabbat arrivant à grands pas, on se vêtit des plus beaux atours.
Pendant que les filles s’apprêtaient à mettre la table, Ilan et Reouven, finissaient de choisir la kippa qui se marierait au mieux avec leurs beaux costumes. Perfectionnistes messieurs, perfectionnistes !
Nos deux petites princesses, Eva et Levana, contemplaient paisiblement ce « manège enchanté ».
L’heure de l’office approchant, les hommes se rendirent à la synagogue. Ilan et Reouven insistèrent pour les accompagner. Ils furent accueillis chaleureusement. Les fidèles entonnaient déjà les psaumes de circonstance.
Pendant ce temps, les femmes et les jeunes filles, terminaient de préparer le repas. On mettait la dernière touche aux salades. On relevait les plats chauds. On agrémentait les desserts. En cette occasion, les enfants eurent la permission de consommer quelques sodas mais pour ce qui est des bonbons, il faudrait attendre le lendemain après la sieste.
Samedi, à la tombée de la nuit, tous nos amis se retrouvèrent au centre de Jérusalem.
Ils s’attablèrent au café Rimone, tout près de la rue Ben Yehouda. Pendant que les enfants dégustaient une glace à la chantilly, les adultes préféraient la fraîcheur de l’aqua limone.
Soudain, Reouven reconnut le jeune bar-mitsva de l’avant-veille. Il se tenait non loin de là accompagné d’autres adolescents. Il secoua Ilan qui somnolait sur sa chaise. Celui-ci ne se réveillant pas, il s’arma de courage pour approcher les jeunes. Tout en se présentant, il adressa ses félicitations à l’intéressé qui se prénommait Jérémie.
Comme il se faisait déjà tard, les nouveaux amis se quittèrent à contre cœur.
Le lendemain, la famille se retrouva réunie dans le hall de l ‘hôtel. Les parents firent le point sur le déroulement du séjour. Il ne leur restait que quelques jours à combler. Le voyage tirait à sa fin. Liora, ne pouvait se résoudre à laisser derrière elle l’antique berceau de bois. Mais que faire d’autre ?

Epilogue : Avec un peu d’imagination, et en oubliant nos préjugés, qu’il est bon de se laisser aller, d’imaginer, d’extrapoler. Nos rêves les plus fous, deviennent réalité.

Lorsque l’Histoire nous rattrape, nos instincts se libèrent. Nous pouvons par songe interposé, nous sublimer totalement. Pour exemple, les enfants aiment à se déguiser. Ils rentrent ainsi dans la peau de leurs héros préférés.

Le philosophe disait: « je pense donc je suis ».

Quant à nous, chers amis, ayons pour devise : « je rêve donc je suis ».


Toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé ne serait que le fruit du hasard.



5 Janvier 2011
© Gilles Amsalem

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